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Pour commencer, est-ce que tu peux nous expliquer simplement ce qu’est MiCA et pourquoi ce règlement a été mis en place ?

MiCA, pour Markets in Crypto-Assets, est le règlement européen qui vient créer un cadre commun pour les crypto-actifs dans l’Union européenne.

Jusqu’à présent, les règles pouvaient varier d’un pays à l’autre. MiCA permet d’harmoniser les exigences applicables aux acteurs du secteur, notamment en matière de gouvernance, de transparence, de gestion des risques et de protection de la clientèle.

L’idée est assez simple. Permettre à cette classe d’actifs de se développer dans un environnement plus lisible, plus structuré et avec des standards communs à l’échelle européenne.

Concrètement, qu’est-ce que l’obtention de cet agrément change pour Shares ?

Cet agrément nous permet de proposer des services de réception et transmission d’ordres, de conservation et de transfert de crypto-actifs.

L’autre point particulièrement important pour nous est la dimension européenne. Grâce au passeport prévu par MiCA, nous pouvons déployer ces services au-delà de la France, dans l’Union européenne.

C’est évidemment clé pour Shares, puisque notre ambition depuis le départ est de construire une plateforme européenne.

On parle beaucoup de l’agrément lui-même, mais qu'en est-il du travail en amont, souvent invisible, qu'il faut fournir pour l'obtenir ?

Un agrément n’est jamais simplement un document que l’on reçoit à la fin d’un processus administratif.

Il faut être capable de démontrer aux autorités de contrôle du secteur financier que l’organisation, la gouvernance, les contrôles, les processus opérationnels et la gestion des risques sont adaptés aux activités que l’on souhaite exercer.

Cela implique beaucoup de travail transversal. L’équipe Compliance porte le sujet, mais elle ne travaille pas seule. Les opérations, le produit, la tech, la sécurité, la finance… tout le monde est mobilisé. C'est un effort collectif souvent invisible de l'extérieur.

Et surtout, l’enjeu n’est pas seulement d’être conforme le jour où l’on obtient l’agrément. Il faut construire des produits et services qui restent conformes dans la durée, au gré des évolutions réglementaires.

Est-ce que MiCA change la manière dont on doit regarder les crypto-actifs ?

MiCA ne fait évidemment pas disparaître les risques liés aux crypto-actifs. Ces actifs restent volatils et comportent des risques spécifiques.

Ce que MiCA change, c’est le cadre dans lequel les services sont proposés. Il fixe des exigences communes aux prestataires et donne davantage de protection aux clients face aux acteurs avec lesquels ils interagissent.

C’est un point fondamental. Encadrer réglementairement une activité ne signifie pas supprimer son risque. Cela signifie instaurer de la confiance, en créant des règles du jeu claires et en s’assurant que les acteurs qui proposent ces services respectent un certain nombre de standards.

Pourquoi était-il important pour Shares d’intégrer les crypto-actifs plutôt que d’en faire une offre séparée ?

Parce que notre vision n’est pas de construire uniquement une plateforme crypto.

Nous voulons construire une plateforme d’investissement et d’épargne complète. Les besoins des investisseurs évoluent et les frontières entre les différentes classes d’actifs sont de moins en moins pertinentes du point de vue de l’expérience utilisateur.

L’objectif est donc de permettre à nos clients et partenaires d’accéder à un univers d’investissement plus large depuis une même infrastructure, avec le niveau d’encadrement que l’on attend d’un acteur financier régulé.

Les crypto-actifs sont une brique de plus dans cet ensemble, pas une stratégie à part.

Shares possède désormais un agrément de Prestataire de Service d’Investissement, PSI, et un agrément de PSCA. Pourquoi cette dimension réglementaire est-elle aussi importante dans la stratégie de l’entreprise ?

Dans la finance, la technologie est indispensable, mais elle ne suffit pas.

On peut construire une très bonne expérience ou une infrastructure très performante. Si les clients et les partenaires n’ont pas confiance dans l’acteur qui se trouve derrière, cela ne fonctionne pas.

Nos agréments font partie de cette construction de confiance. Ils élargissent ce que nous sommes capables de proposer, mais ils nous obligent aussi à construire avec un niveau d’exigence en conformité élevé dès le départ.

Je pense que c’est particulièrement important lorsqu’on veut construire dans le temps long. La réglementation ne doit pas être ajoutée à la fin d’un produit ou perçue comme une contrainte. Elle fait partie des fondations et constitue un avantage majeur. Chez Shares, nous intégrons les obligations réglementaires dès la conception de nos produits. Nous sommes “compliant by design”.

Et maintenant, qu’est-ce que cet agrément va nous permettre de construire ?

D'abord, continuer à développer nos services sur crypto-actifs et les intégrer plus profondément à notre plateforme.

Mais ce qui compte vraiment dépasse largement la crypto. Chaque nouvelle capacité réglementaire rend notre infrastructure plus complète, et nous permet de répondre à davantage de besoins — qu'ils viennent de particuliers, de professionnels de la gestion de patrimoine ou d'institutions financières.

MiCA est donc une étape importante, mais elle s’inscrit dans une trajectoire beaucoup plus large : bâtir, depuis l’Europe et pour l’Europe, une infrastructure d’investissement capable d’évoluer avec les usages et les besoins de nos clients.

Et nous continuerons à avancer, étape après étape, pour donner à cette réalité toute l’ampleur de notre ambition.

Que signifie l’automatisation chez Shares, et comment déterminer si une tâche constitue un bon cas d’usage ?

Chez Shares, l’automatisation consiste à utiliser la technologie pour supprimer les étapes manuelles et répétitives d’un processus. L’objectif n’est pas de remplacer les collaborateurs, mais de leur permettre de se concentrer sur les tâches qui nécessitent réellement leur jugement.

Un bon cas d’usage repose généralement sur une tâche répétitive et prévisible, avec des données d’entrée, des résultats attendus et des règles clairement définis. Le point de départ doit toujours être le besoin métier, et non la technologie. Nous ne nous demandons pas simplement ce que nous pouvons automatiser, mais plutôt où du temps est perdu et pourquoi.

L’automatisation est particulièrement utile lorsqu’une tâche mobilise beaucoup de temps, génère des échanges inutiles ou augmente le risque d’erreur humaine.

Toutes les tâches ne doivent cependant pas être automatisées. Celles qui nécessitent du jugement, du contexte, de l’empathie ou des décisions complexes doivent conserver une intervention humaine significative. L’automatisation prend en charge la partie mécanique, tandis que les collaborateurs restent responsables des décisions qui comptent.

L’objectif n’est donc pas d’automatiser pour automatiser, mais de simplifier le travail lorsque cela apporte une réelle valeur.

Dans quels domaines l’automatisation peut elle avoir le plus d’impact sur la charge de travail quotidienne des collaborateurs ?

Les tâches qui ont le plus d’impact ne sont pas toujours les plus visibles. Il s’agit souvent d’actions réalisées presque automatiquement, comme relancer une personne, recopier des données d’un outil à un autre, générer un tableau chaque semaine ou vérifier qu’une étape a bien été effectuée.

Considérées individuellement, ces tâches peuvent sembler limitées. Mais lorsqu’elles sont répétées chaque jour ou chaque semaine, elles représentent une part importante du temps de travail.

Le coût ne se limite pas au temps consacré à la tâche elle même. Chaque interruption oblige également le collaborateur à sortir de son activité principale, ce qui nuit à sa concentration. L’automatisation peut absorber ces petites frictions et rendre le travail plus fluide, sans que les équipes aient à y penser.

Elle permet également de réduire la charge mentale liée aux actions récurrentes, comme se souvenir d’envoyer un rapport, vérifier qu’une information a bien été transmise ou suivre manuellement l’avancement d’une demande.

L’objectif n’est pas de demander aux équipes d’en faire toujours plus, mais de leur permettre de consacrer leur énergie à ce qui nécessite réellement leur attention, comme l’analyse, la relation client, la créativité, la collaboration ou la résolution de problèmes.

Une bonne automatisation accompagne les collaborateurs. Elle ne les efface pas.

Quelles mesures sont prises pour garantir que les automatisations restent conformes au RGPD ?

Deux principes principaux guident notre approche.

Premièrement, aucune automatisation n’est déployée sans validation de l’équipe informatique et sécurité. Nous utilisons exclusivement une liste d’outils approuvés par cette équipe, et chaque processus automatisé lui est soumis avant sa mise en production. Cette validation constitue une étape obligatoire de notre démarche.

Deuxièmement, nous avons fait le choix de ne jamais connecter nos automatisations aux bases de données de production contenant des données sensibles. Cela permet d’écarter dès le départ les risques d’exposition de ces données, quelle que soit la nature du processus concerné.

Comment l’automatisation peut elle rendre un processus plus fiable et plus efficace, au delà du simple gain de rapidité ?

La rapidité est souvent le premier bénéfice évoqué, mais l’impact le plus important concerne généralement la cohérence.

Un processus manuel peut dépendre de la personne qui l’exécute, de sa charge de travail ce jour là ou du fait qu’elle pense ou non à vérifier une étape précise. Une automatisation suit les mêmes règles à chaque exécution. Elle garantit que l’information parvient à la bonne personne, au bon moment et avec les bons éléments.

Cet avantage est particulièrement visible lorsqu’un processus implique plusieurs équipes, plusieurs personnes ou plusieurs outils. C’est souvent dans ces situations que les informations se perdent, que les doublons apparaissent ou que les collaborateurs se relancent mutuellement sans savoir où en est une demande.

Une automatisation bien conçue structure le processus, réduit les erreurs manuelles, limite les informations manquantes et permet de suivre plus facilement les responsabilités et l’avancement de chaque étape.

La fiabilité ne doit cependant pas entraîner de rigidité. Les situations qui sortent du cadre habituel doivent pouvoir être détectées et transmises à une personne lorsqu’une revue humaine est nécessaire.

L’objectif est de créer un processus suffisamment structuré pour être prévisible, tout en restant suffisamment flexible pour gérer les situations plus complexes.

Comment notre manière de travailler pourrait elle évoluer au cours des prochaines années, et comment les entreprises peuvent elles s’y préparer de manière responsable ?

Nous observons déjà que des possibilités qui nécessitaient auparavant des ressources importantes ou des développements spécialisés sont désormais accessibles à des équipes beaucoup plus réduites.

Cette démocratisation va probablement se poursuivre. L’automatisation deviendra progressivement une composante courante de nombreux métiers, et non plus un sujet réservé aux équipes techniques.

Les collaborateurs devront de plus en plus savoir identifier les situations dans lesquelles la technologie peut être utile, formuler clairement un besoin et comprendre les conséquences de ce qui est mis en place.

En parallèle, certaines compétences humaines conserveront toute leur importance. Le jugement, l’esprit critique, la communication, l’adaptabilité et la capacité à évoluer dans des situations ambiguës deviendront même encore plus précieux à mesure que les tâches routinières seront davantage automatisées.

Pour se préparer de manière responsable, les entreprises ne doivent pas chercher à tout automatiser le plus rapidement possible. Elles doivent apprendre à automatiser de manière rigoureuse.

Chez Shares, les travaux de notre groupe de travail sur l’automatisation ont été accompagnés dès le départ par des parties prenantes expérimentées issues des équipes métier, informatique et sécurité. Chaque processus automatisé fait l’objet d’une validation adaptée avant sa mise en production.

Ce cadre ne ralentit pas nécessairement l’innovation. Il lui apporte au contraire de la crédibilité et permet de mieux gérer les données, les risques et la responsabilité humaine.

Les entreprises les mieux préparées seront probablement celles qui sauront avancer rapidement tout en conservant une gouvernance claire et une supervision humaine appropriée.

Quel aspect de l’avenir de l’automatisation avez vous le plus envie de contribuer à construire ?

Ce qui nous intéresse le plus est la frontière entre l’automatisation et la prise de décision.

L’automatisation d’une tâche répétitive est aujourd’hui relativement bien maîtrisée. La question devient plus complexe lorsqu’un système commence à recommander une action, à envoyer une alerte ou à suggérer une décision.

Il faut alors déterminer jusqu’où la technologie peut accompagner les collaborateurs sans retirer le jugement humain là où il reste essentiel.

Notre travail au sein du groupe de travail sur l’automatisation nous a également montré que la partie technique n’est pas toujours le principal défi. La difficulté consiste souvent à bien définir le problème, à comprendre le processus métier avant de construire une solution et à s’assurer que cette solution sera réellement utilisée et jugée fiable par les personnes auxquelles elle est destinée.

Nous souhaitons contribuer à une automatisation plus accessible, plus responsable et mieux intégrée aux besoins des équipes, afin de leur permettre de consacrer davantage de temps à des missions utiles et stratégiques.

Le cœur du portefeuille, socle de la stratégie long terme

Le cœur du portefeuille représente la part la plus importante et la plus stable de l’allocation. Son objectif est de reproduire la performance globale des marchés sur le long terme, tout en limitant l’impact des fluctuations de court terme.

Pour cette composante centrale, les ETF larges et diversifiés sont particulièrement adaptés. Les ETF répliquant des indices comme le MSCI World, le S&P 500 ou le Stoxx Europe 600 permettent d’obtenir une exposition équilibrée entre zones géographiques et secteurs économiques.

Ces ETF « cœur » peuvent également intégrer des filtres ESG, afin de prendre en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance sans remettre en cause la diversification globale du portefeuille.

Les satellites : des positions tactiques pour dynamiser la performance

Autour de ce socle principal, les satellites apportent une dimension plus dynamique à la stratégie. Ils correspondent à des positions ciblées, sélectionnées en fonction de convictions d’investissement, d’opportunités de marché ou d’un contexte macroéconomique particulier.

Ils peuvent notamment prendre la forme :

  • d’ETF sectoriels, exposés à des domaines comme la technologie, la santé, l’énergie ou la finance ;
  • d’ETF thématiques, axés sur des tendances de fond telles que l’innovation, la transition énergétique ou l’intelligence artificielle ;
  • d’ETF géographiques ciblés, permettant une exposition à des zones spécifiques comme la Chine, l’Inde ou les marchés émergents.

Dans une allocation équilibrée, les satellites représentent généralement entre 10 et 30 % du portefeuille, selon le profil de risque de l’investisseur et son horizon de placement.

Trouver l’équilibre entre long terme et opportunités

L’intérêt de l’approche cœur-satellite réside dans sa complémentarité. Le cœur assure une exposition stable à la croissance mondiale, tandis que les satellites offrent la possibilité de tirer parti de tendances de court ou moyen terme.

L’utilisation d’ETF facilite la mise en œuvre de cette stratégie. Elle permet une gestion simple, transparente et flexible, adaptée aussi bien aux portefeuilles prudents qu’aux allocations plus dynamiques.

En résumé

La stratégie cœur-satellite appliquée aux ETF combine rigueur et adaptabilité. Elle repose sur un socle solide pour accompagner la croissance des marchés sur le long terme, complété par des positions ciblées destinées à renforcer le potentiel de performance.

Cette approche claire et modulable peut être mise en œuvre grâce à l’offre d’ETF disponible sur la plateforme SharesPro, afin de construire des portefeuilles diversifiés et efficients.

Le partenariat avec Jérémy Barray est non rémunéré.
Investir comporte un risque de perte en capital.
Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement.

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